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Aide fédéral aux compagnies aériennes C’est le moment de discuter de nationalisation

Aide fédéral aux compagnies aériennes

C’est le moment de discuter de nationalisation

20 octobre 2020- Dans une lettre envoyée aujourd’hui au ministre des Transports, Marc Garneau et à la ministre des Finances Chrystia Freeland, le Syndicat des Machinistes a exigé que la renationalisation d’Air Canada fasse l’objet d’un débat public.

Pour consulter la lettre du bureau canadien cliquez ICI

« Ça fait du bien d’entendre qu’Ottawa est en train de travailler sur un plan d’aide pour le transport aérien alors que le secteur est au bord du gouffre et que des centaines de milliers d’emplois sont en jeu, souligne David Chartrand, coordonnateur québécois du Syndicat des Machinistes. Le Canada est le seul pays du G7 à ne pas avoir de plan pour le transport aérien. Pour le meilleur moyen d’aider le secteur, toutes les options doivent être mises sur la table et faire l’objet de discussions. Dans le contexte actuel, l’idée d’une renationalisation complète ou partielle d’Air Canada est très intéressante et doit être débattue sur la place publique. »

La souveraineté nationale du Canada en matière de transport aérien pourrait être compromise en cas de faillite ou de rachat de compagnies aériennes par des entreprises étrangères. Détenir des parts dans un important transporteur permettrait au Canada de s’assurer que le transport aérien soit réellement au service des intérêts du pays.

« La participation du gouvernement dans un transporteur aérien de la taille d’Air Canada permettrait de maintenir voire de développer les activités de l’entreprise et l’offre de service à l’échelle canadienne notamment en matière de transport régional », estime David Chartrand

Au cours des six derniers mois, la moitié des membres de l’AIMTA travaillant pour Air Canada ont été mis à pied. Devant composé avec une baisse de 95% de ses revenus, Air Canada a perdu 1,75 milliard de dollars au cours du deuxième trimestre de 2020. Malgré la bonne santé financière du transporteur avant la pandémie de COVID-19, Air Canada se retrouve actuellement dans une position précaire et à besoin d’aide.

Le transport aérien sera un élément clé pour sortir de cette crise. 

Que ce soit pour garantir la mobilité des Canadiens ou des marchandises, l’avion sera au cœur du redressement de l’économie du pays. Pour que cette reprise profite à l’ensemble des citoyens, le Canada doit faire des choix qui iront dans le sens de nos intérêts collectifs tout en répondant aux besoins spécifiques des compagnies aériennes.

« Il y a moyen d’élaborer un plan de sauvetage des compagnies aériennes qui ne servira pas à payer des primes ou d’autres formes de rémunération aux hauts dirigeants, estime le porte-parole du syndicat des Machinistes. La priorité du gouvernement fédéral doit être de s’assurer que le transport aérien contribuera à la relance de notre économie notamment en incluant dans son plan des mesures qui garantiront le maintien des emplois et des activités des compagnies aériennes en sol canadien. »

Une crise mondiale

À l’échelle mondiale, la crise menace 4,8 millions d’emplois dans l’aviation. Le ralentissement du transport aérien affecte également les secteurs des voyages et du tourisme où près de 41,2 millions d’emplois sont présentement à risque. Pour tenter contrer les pertes d’emplois et soutenir leurs compagnies aériennes nationales plusieurs pays comme la France, l’Allemagne, les États-Unis et l’Italie ont favorisé la participation de l’État dans les compagnies aériennes.  

« On voit qu’il y a une tendance dans le monde en faveur prise de participation dans les compagnies aériennes par l’État. Cette stratégie indique que de plus en plus de gouvernements veulent avoir un meilleur contrôle sur la relance de leur économie nationale post-COVID.  Le Canada doit absolument débattre de cette alternative », conclut David Chartrand.

Aperçu de l’aide aux compagnies aériennes dans le monde

À la fin avril, les États-Unis ont fourni une aide financière de 12,4 milliards, à 93 compagnies aériennes. En échange de l’aide, le gouvernement américain a reçu des produits financiers qu’il pourra transformer en action.

Pour assurer la survie d’Air France-KLM, l’État français a offert une aide de 7 milliards d’euros le 24 avril dernier. Rappelons que l’État français détient 14,3% d’Air France-KLM et que l’État belge en détient 14%.

Le 7 mai, le groupe Lufthansa a annoncé négocier une aide d’État de 9 milliards d’euros. Cette aide inclura une participation de 20% du gouvernement allemand l’Allemagne dans l’entreprise.  

De son côté, le gouvernement italien a finalisé, début octobre, l’accord qui prévoit la renationalisation d’Alitalia, avec pour objectif de sauver la compagnie aérienne.

 

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