Le Gouvernement du Québec fait le bon choix en misant sur l’aérospatiale

Le dévoilement de la Stratégie québécoise de l’aérospatiale, Horizon 2026 est une excellente nouvelle pour l’industrie. Cette stratégie permettra à de nombreuses entreprises du secteur de se remettre de la pandémie en plus de contribuer à la réalisation de projets importants pour notre écosystème aérospatial. 

Texte de David Chartrand, Vice-président canadien de l’AIMTA

En tant que représentant du plus grand Syndicat du secteur aérospatial au Québec et en Amérique du Nord, j’ai participé aux consultations qui ont mené à la création d’Horizon 2026. À la lecture du document, j’ai été heureux de constater que le point de vue syndical a été retenu. Des éléments importants de notre mémoire ont été repris concernant le transfert de connaissances, la formation et l’accompagnement des travailleuses et travailleurs, dont les métiers seront touchés par le virage technologique. Même chose concernant la coopération entre les PME et les donneurs d’ordres, l’innovation, la transition écologique, la diversification des activités de l’industrie et le secteur de la défense.

Il y a cependant une chose que l’on peut reprocher à cette stratégie, c’est qu’elle ne contient aucune garantie que ses bienfaits profiteront à l’ensemble de la société québécoise ainsi qu’aux travailleuses et travailleurs de l’aérospatiale. Ça devrait pourtant faire partie des priorités d’un gouvernement lorsqu’il investit des fonds publics pour soutenir les projets d’entreprises privées. C’est ainsi qu’il peut se donner davantage de moyens pour améliorer son système de santé et d’éducation, ses programmes sociaux et ses infrastructures. C’est de cette façon qu’on peut maintenir de bons emplois et de bonnes conditions de travail pour nos travailleuses et nos travailleurs, et ce, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. S’en remettre à la bonne foi des entreprises est un pari risqué surtout dans l’état actuel de nos finances publiques.

Néanmoins, investir en aérospatiale est un bon choix pour le Québec. L’évolution de ce secteur s’est en grande partie concrétisée grâce à l’implication de l’état. Depuis le milieu des années 40, de nombreux gouvernements à travers le monde font le choix de s’impliquer dans le développement de leur secteur aérospatial. Le Québec ne fait pas figure d’exception. Il a mobilisé des ressources importantes pour développer son écosystème aérospatial. Les retombés issus de ces implications ont contribué à l’amélioration du niveau de vie des Québécois.

En plus de faire rayonner le Québec sur la scène internationale, l’aérospatiale a le pouvoir de faire entrer de l’argent neuf dans l’économie et les coffres de l’État québécois. Les activités liées à cette industrie ont la capacité de participer au financement de nos services publics tout en étant le gagne-pain de dizaines de milliers de Québécois. Investir dans notre secteur aérospatial en lui consacrant une stratégie et des programmes adaptés à sa réalité est donc une excellente décision du Gouvernement Legault. Celui de Justin Trudeau devrait d’ailleurs s’en inspirer et reproduire le même exercice à l’échelle canadienne.  

L’industrie aérospatiale est souvent considérée, à tort ou à raison, comme une industrie vivant aux crochets de l’État, cherchant à socialiser ses dépenses et ses pertes et à privatiser ses profits. En ce sens, même si je suis convaincu que la démarche du gouvernement est la bonne, il y a lieu de se demander si le gouvernement n’aurait pas dû inclure à sa stratégie des garanties de retombées économiques technologiques et industrielles afin que l’ensemble du Québec puisse profiter des bienfaits de son initiative.

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